Logo de Schneider Electric à Nantes
par Matthieu Huchet et Mathias de Rozario
Schneider Electric SCHN.PA a relevé vendredi pour la deuxième fois de l'année ses objectifs de résultat d'exploitation et de chiffre d'affaires 2026, porté par la demande des géants du cloud pour les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle.
Le fabricant français d'équipements électriques vise désormais une croissance organique de son Ebita comprise entre 18% et 21%, contre 14% à 19% auparavant, et de son chiffre d'affaires de 12% à 14%, contre 10% à 13% précédemment.
Au troisième trimestre, le chiffre d'affaires de Schneider Electric a atteint 11,46 milliards d'euros, en hausse organique de 16,9%, dépassant les attentes des analystes qui tablaient sur 11,13 milliards d'euros, selon un consensus fourni par le groupe.
S'exprimant lors d'une conférence de presse, le directeur financier Nathan Fast a qualifié le troisième trimestre de "meilleur (...) de l'histoire" du groupe.
À Paris, vers 7h22 GMT, l'action était cependant en baisse de 1,43%.
Les analystes de JPMorgan jugent les résultats solides, mais soulignent dans une note qu'un dépassement des attentes et un relèvement des objectifs étaient largement anticipés, le point médian des nouvelles prévisions étant globalement conforme au consensus.
Le courtier estime également que l'incertitude entourant une éventuelle augmentation de capital pour financer l'acquisition de PTC pèse sur le titre.
Selon Joachimm Klement, analyste chez Panmure Liberum, "ces résultats sont très solides, manifestement portés par la forte demande liée aux centres de données, qui devrait selon nous s'essouffler en 2027 et 2028".
Si les investissements des géants américains du "cloud" continuent de soutenir l'activité, la région Chine et Asie de l'Est a enregistré la plus forte croissance organique des ventes au trimestre, à 26,1%, devant l'Amérique du Nord, à 19,9%.
PRUDENCE SUR LE MOYEN-ORIENT
En Chine, les centres de données ont porté la croissance, grâce aux ventes directes aux grands acteurs des réseaux sociaux, des technologies et des infrastructures numériques, ainsi qu'aux opérateurs nationaux et régionaux proposant de l'hébergement informatique mutualisé.
Le groupe reste toutefois prudent concernant le Moyen-Orient, les tensions étant "susceptibles d'impacter le quatrième trimestre, avec un risque de pression potentielle sur les chaînes d'approvisionnement mondiales et d'augmentation de l'inflation" précise le communiqué.
L'activité Gestion de l'énergie a vu ses ventes progresser de 18,8% en données organiques, tandis que celles des Automatismes industriels ont augmenté de 8,1%.
Lors d'un échange avec la presse, le directeur financier du groupe Nathan Fast a confirmé que la marque PTC PTC.O devrait être conservée après l'acquisition, avec une gouvernance et une structure similaires à Aveva.
(Rédigé par Matthieu Huchet et Mathias de Rozario, édité par Augustin Turpin)

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